Les Hirondelles de Kaboul, Yasmina Khadra

Publié le par L'Emile

Genre : roman sur fond d'actualité           [2004]
D'où sort-il ? J'ai voulu compléter ma lecture de la trilogie de l'auteur et Robert me l'a prêté




RESUME :
Ce roman rend compte de la vie quotidienne des Afghans de Kaboul sous le régime taliban. Deux hommes sont au cœur de l’intrigue : Atiq, geôlier d’une prison pour femmes et dont l’épouse est gravement malade et Mohsen Ramat, jeune homme marié à Zunaira, une ancienne avocate féministe. Les destins des deux hommes se croiseront régulièrement dans Kaboul jusqu’à se heurter de façon définitive, dans une explosion qui ne peut qu’être dramatique.



MON AVIS SUR CE LIVRE :
Contexte terrible que celui de Kaboul dominée par les Talibans. On plonge dans un univers où des lois barbares régissent hommes et femmes jusqu'à l'avilissement. On assiste à la déshumanisation de deux couples, on découvre leurs doutes, on les sent en état de choc face à une société qui ne leur ressemble plus. Un sentiment de révolte nous prend à la lecture de ce livre.
Petit bémol tout de même : Enfin, pas vraiment un bémol mais plutôt signaler que ce roman, si poignant soit-il, n'égale pas à 100 %, d'après moi,  L'attentat.



POUR QUI ?
Ceux qui ont lu L'attentat et souhaitent poursuivre la trilogie de Khadra. Pour ceux qui n'ont pas encore découvert celui-ci et veulent entrer dans ce monde oppressant et semble-t-il, sans issues.


Voici un extrait du livre qui m'a bouleversée. J'ai retrouvé le passage sur Amazon. fr :
"Le mollah lève une main majestueuse pour apaiser le hurleur. Après la récitation d’un verset coranique, il lit quelque chose qui ressemble à une sentence, remet la feuille de papier dans une poche intérieure de son gilet et, au bout d’une brève méditation, il invite la foule à s’armer de pierres. C’est le signal. Dans une ruée indescriptible, les gens se jettent sur les monceaux de cailloux que l’on avait intentionnellement disposés sur la place quelques heures plus tôt. Aussitôt, un déluge de projectiles s’abat sur la suppliciée qui, bâillonnée, vibre sous la furie des impacts sans un cri. Mohsen ramasse trois pierres et les lance sur la cible. Les deux premières faillissent à cause de la frénésie alentour mais, à la troisième tentative, il atteint la victime en pleine tête et voit, avec une insondable jubilation, une tache rouge éclore à l’endroit où il l’a touchée. Au bout d’une minute, ensanglantée et brisée, la suppliciée s’écroule et ne bouge plus. Sa raideur galvanise davantage les lapideurs qui, les yeux révulsés et la bouche salivante, redoublent de férocité comme s’ils cherchaient à la ressusciter pour prolonger son supplice. Dans leur hystérie collective, persuadés d’exorciser leurs démons à travers ceux du succube, d’aucuns ne se rendent pas compte que le corps criblé de partout ne répond plus aux agressions, que la femme immolée gît sans vie, à moitié ensevelie, tel un sac d’horreur jeté aux vautours."

Publié dans Moyen-Orient

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