Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb

Publié le par L'Emile

Genre : autobiographie de 0 à 3 ans   [2000]                
D'où sort-il ? Du séjour de JC cet été. Il l'avait acheté pour ensuite l'étudier avec ses élèves et comme je n'avais rien à lire sur le moment, je le lui ai emprunté.



RESUME:
De sa naissance à ses 3 ans, Amélie est décrite comme étant un légume, ou une plante par les médecins et ses parents. «Légume» car c'est un enfant qui ne pleure jamais, ne bouge pas, dont aucun son ne sort de sa bouche, mais qui vit. Elle a un comportement inerte et béat. Amélie Nothomb, quant à elle, se définit plutôt, comme un tube car elle considère que, contrairement à ce que l'on pense des plantes, celles-ci «ressentent des émotions» car elles frémissent quand l'orage approche …Tandis qu'un tube se contente seulement d'avaler et de ressortir de la nourriture, qu'aucune émotion ne vient jamais l'animer.



MON AVIS SUR CE LIVRE :
J'ai pris ce livre car sur le moment je n'avais rien d'autre à lire. De là à dire que j'étais enthousiaste ... J'avais découvert A. Nothomb en 2nd, lors de l'élection du Prix Goncourt, car son livre, Journal d'Hirondelle faisait partie de la compétition. Il ne m'avait pas du tout emballée et je n'avais depuis, plus jamais ouvert un livre de Nothomb. Mais avec celui-ci, mon regard sur cet auteur si controversé, a changé. J'ai adoré ! Déjà l'idée-même de l'histoire est originale : une biographie certes, mais de 0 à 3 ans. J'ai vraiment aimé ce livre : il est drôle et l'humour est souvent subtil. La petite fille est très attachante: le passage où elle reste toute la nuit pendue à sa fenêtre allongée sur le toit m'a fait beaucoup rire, car on se représente vraiment bien la situation. La façon dont elle parle des carpes est vraiment comique, le dégoût pour ces poissons est si bien exprimé qu'on le partage. Mais le plus intéressant est le début du livre : l'auteur prend une distance vis-à-vis de sa propre histoire, qui nous donne l'impression de lire un documentaire.
Un de mes livres préférés.



POUR QUI ?
Pour ceux qui aiment Amélie Nothomb, mais aussi pour ceux qui ne l'apprécient guère. Peut-être que ce livre vous fera changer d'avis, comme cela a été mon cas. Pour ceux qui aiment les phrases courtes, percutantes, qui donnent à réfléchir sur la vie et la mort. Pour ceux qui veulent se plonger dans la culture japonaise.


Début du roman :
"
Au commencement il n'y avait rien. Et ce rien n'était ni vide ni vague : il n'appelait rien d'autre que lui-même. Et Dieu vit que cela était bon. Pour rien au monde il n'eût créé quoi que ce fût. Le rien faisait mieux que lui convenir : il le comblait.
Dieu avait les yeux perpétuellement ouverts et fixes. S'ils avaient été fermés, cela n'eût rien changé. Il n'y avait rien à voir et Dieu ne regardait rien. [...]
Dieu était l'absolue satisfaction. Il ne voulait rien, n'attendait rien, ne percevait rien, ne refusait rien et ne s'intéressait à rien. [...]
Dieu ne vivait pas, il existait.
Son existence n'avait pas eu pour lui de début perceptible [...] il était impossible de remarquer le moment où Dieu avait commencé à exister. C'était comme s'il avait existé depuis toujours.
Dieu n'avait pas de langage et il n'avait donc pas de pensée. Il était satiété et éternité. Et tout ceci prouvait au plus haute point que Dieu était Dieu. Et cette évidence n'avait aucune importance, car Dieu se fichait éperdument d'être Dieu.
"

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