Belle du Seigneur, Albert Cohen

Publié le par L'Emile

Genre : fiction romanesque              [1968]                        
D'où sort-il ? C'est Agathe qui me l'a donné un jour où elle faisait du tri dans ses bouquins



RESUME :
[4è de couverture]
" Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. Béate d'être tenue et guidée, elle ignorait le monde, écoutait le bonheur dans ses veines, parfois s'admirant dans les hautes glaces des murs, élégante, émouvante, exceptionnelle, femme aimée, parfois reculant la tête pour mieux le voir qui lui murmurait des merveilles point toujours comprises, car elle le regardait trop, mais toujours de toute son âme approuvées, qui lui murmurait qu'ils étaient amoureux, et elle avait alors un impalpable rire tremblé, voilà, oui, c'était cela, amoureux, et il lui murmurait qu'il se mourait de baiser et bénir les longs cils recourbés, mais non pas ici, plus tard, lorsqu'ils seraient seuls, et alors elle murmurait qu'ils avaient toute la vie, et soudain elle avait peur de lui avoir déplu, trop sûre d'elle, mais non, ô bonheur, il lui souriait et contre lui la gardait et murmurait que tous les soirs, oui, tous les soirs ils se verraient. " Ariane devant son seigneur, son maître, son aimé Solal, tous deux entourés d'une foule de comparses : ce roman n'est rien de moins que le chef-d'oeuvre de la littérature amoureuse de notre époque.



MON AVIS SUR CE LIVRE : Je pense que ce livre ne peut pas laisser indifférent, soit on aime, soit on déteste. Pour ma part, j'ai beaucoup aimé. C'est une histoire d'amour impossible, car la volonté de perfection des amants va les conduire a sa destruction. C'est la description d'une passion dévorante. On sort vraiment sonné de cette lecture, on y pense encore des jours, des semaines après. Et sans oublier le style qui va avec. Je ne sais pas si c'est le style qui colle à l'histoire ou l'histoire qui colle au style, mais en tous cas, les deux vont ensemble. L'auteur a la capacité de retranscrire le flux désordonné des émotions de manière exceptionnelle. Un chef d'oeuvre !



POUR QUI ? Déjà, pour ceux qui n'ont pas peur de lire un pavé de 1110 pages (pour la collection Folio), avec parfois, de longs passages sans ponctuation. Puis, pour ceux qui veulent se perdre dans un magnifique mais aussi lucide roman d'amour.

Le roman a reçu le Grand Prix du roman de l'Académie Française dès sa sortie.
Il a valu à Albert Cohen d'être fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1970.


" Ainsi que le flot montant pénètre le sable blanc sec et léger et se retire en le laissant gris lourd et mouillé, ainsi le flot de larmes montant en moi arrive jusqu'à mes yeux qui rougissent et le flot se retire, redescend en moi, laissant mon coeur lours comme le sable mouillé."

" Elle lui tendit les mains. Il les prit, et il plia le genou devant elle. Inspirée, elle plia le genou devant lui, et si noblement qu'elle renversa la théière, les tasses, le pot à lait et toutes les rondelles de citron. Agenouillés, ils se souriaient, dents éclatantes, dents de jeunesse. Agenouillés, ils étaient ridicules, ils étaient fiers et beaux, et vivre était sublime."

"Devenus protocole et politesses rituelles, les mots d'amour glissaient sur la toile cirée de l'habitude."


Publié dans classiques français

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