Girlfriend dans le coma, Douglas Coupland

Publié le par L'Emile

Titre original : Girlfriend in a coma     [1998]                        
Genre : roman dramatique
D'où sort-il ? Emprunté à la bibliothèque car
Hey, Nostradamus! du même auteur m'avait énormément plu !
9782264040657.jpg

RESUME : [4è de couverture de l'édition Au Diable Vauvert]
"Le futur n'est pas un endroit agréable, Richard. Je crois même que la vie est cruelle là-bas. C'est ce que j'ai vu la nuit dernière. Nous étions tous là. Je nous ai vus, nous n'étions pas torturés ou un truc du genre, nous étions encore tous vivants et tous... plus vieux... l'âge moyen, tu vois ? Mais le "sens" avait disparu. Et sans le savoir, nous étions devenus insignifiants."
En 1979, tourmentée par de sombres visions, Karen tombe subitement dans un coma qui va durer dix-sept ans. Entre vie quotidienne et phénomènes surnaturels, l'existence de ses amis va désormais graviter autour de ce long sommeil, alors que se profilent les signes avant-coureurs de la fin de ce monde.
Avec ce roman sombre, drôle et bouleversant, Coupland brosse de sa plume douce-amère le portrait critique d'une époque qui s'achève.



MON AVIS SUR CE LIVRE : Non, malgré ce résumé, ce n'est pas vraiment un livre de science fiction. Du moins pas tout à fait. Certains passages relèvent assurément de la science fiction, mais pas tous. Et j'ai adoré. On retrouve Coupland, dans le même style que
Hey, Nostradamus!, premier roman de cet auteur que j'ai lu. L'intrigue commence lorsque les personnages sont adolescents, puis survient un élément qui chamboule complètement leur vie et on les retrouve à l'âge adulte.

Coupland a écrit ce roman juste avant le passage à l'an 2000 et le livre questionne les gens nés dans les années 1970, dans l'opulence et le confort, qui vont être confrontés aux années 1980 et 1990, aux progrès technologiques, techniques et surtout, à la montée de l'individualisme et du néant existentiel. Le roman traite de la quête du sens perdu.
Le début est génial, prenant et on peut difficilement lâcher le bouqin, bien qu'il fasse presque 500 pages. Je voudrais seulement mettre un petit bémol : c'est à la troisième partie que le livre tombe plus dans la science fiction, avec des passages apolcalyptiques et des airs de fin du monde. Mais cela sert le message de l'auteur et je ne verrais pas non plus ce roman dépourvu de cette partie.


"Posez des questions, non, braillez vos questions... A genoux devant les portes électriques au Safeway, demandez à d'autres citoyens de poser des questions avec vous... Mâchez de vieux manuels scolaires pour recracher les mots sur les trottoirs de Downtown, devant le Planet Hollywood, devant la Bourse, devant le Gap..." (p. 450)

"Quand sommes-nous devenus des êtres humains en cessant d'être ce que nous étions avant ? Quel changement spécifique a fait de nous des humains ? Pourquoi les gens ne se préoccupent-ils plus de savoir qui sont leurs ancêtres au-delà de la troisième génération ? Pourquoi sommes-nous incapables de penser réellement à l'avenir, disons, au-delà d'une centaine d'années ? Comment pouvons-nous commencer à envisager l'avenir comme quelque chose d'énorme qui nous attend, mais dont devrons aussi faire partie ? Puisque nous sommes des humains, parmi nos fabrications et nos créations, y a-t-il quelque chose qui soit susceptible de nous transformer pour l'étape suivante ? Qu'est-ce que la destinée ? Y a-t-il une différence entre la destinée personnelle et le destin collectif ? La destinée est-elle artificielle Est-elle propre à l'humanité ? D'où vient-elle ?" (pp. 451-452)

Ca fait peur, parce que c'est réaliste : on est loin aujourd'hui des années 1970. Maintenant, c'est plutôt "métro-boulot-dodo", les espoirs sont envolés, les rêves d'ados périmés, on vit dans un monde où  la masse domine, où personne ne se distingue vraiment.
Effrayant mais tellement vrai.
Coupland, un auteur que je vais suivre assidûment.



POUR QUI ? Pour ceux qui ont lu d'autres livres du même auteur et qui  ont accroché (qui n'accrocherait pas ?). A ceux qui veulent le découvrir, je recommande d'abord la lecture de Hey, Nostradamus!, puis celle-ci.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article