Jours de cendres à Istanbul, Berdjouhi

Publié le par L'Emile

Titre original : Je vais avoir du mal à le retranscrire vu que l'alphabet n'est pas le même.           [2004]
Genre : Document historique et autobiographique
D'où sort-il ? Quand j'étais à la bibliothèque, je cherchais un tout autre roman et celui-ci était rangé à côté. Le titre m'a attirée.

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RESUME :
En une nuit, six cents intellectuels arméniens sont arrêtés dans tous les quartiers de la cosmopolite Istanbul. Cette rafle du 24 avril marque le début du génocide de 1915. La jeune Berdjouhi est l'une de ces épouses qui attendront en vain le retour des déportés. Elle devra vivre seule dans la grande capitale ottomane, devenue hostile. Le récit débute le jour où son mari, le militant Sarkis Barseghian, est emmené. Suivent alors cinq années de solitude où Berdjouhi va lutter contre le désespoir, surmonter ses peurs et organiser son quotidien. Elle milite avec les autres femmes et participe notamment à la recherche des enfants arméniens enlevés pas les dignitaires turcs.
Ce texte constitue un véritable document sur une période dont on ne retient souvent que les aspects purement événementiels. Ici, le témoignage le plus fidèlement autobiographique se nourrit d'un travail de la mémoire : plus de vingt ans après, Berdjouhi ne se lasse pas de raconter, esquissée dans tous les modes possibles, son histoire d'amour dont une narration strictement documentaire n'aurait pas su dire la saturation de douleur et de passion. Les "jours calcinés" de toute une vie commencent ici, à Istanbul, dans les quartiers de pêcheurs, dans les parcs, dans les grandes demeures, dans les hammams, dans un paysages de rives, au sein de ces nombreuses communautés qui ont vécu longtemps leur identité et qui font l'épaisseur historique de la ville.



MON AVIS SUR CE LIVRE : Après avoir fait un long travail sur la Turquie en Première et forcément, avoir évoqué le génocide arménien, j'ai été très attirée par ce livre, qui est un témoignage véridique. Je n'avais rien lu sur ce sujet auparavant et cela m'a permis de mieux connaître cette tragédie et surtout, de prendre conscience de la souffrance de la population. Le courage de l'auteur et sa volonté déterminée m'ont beaucoup impressionnée ! C'est un livre émouvant sur la vie solidaire de cette communauté, privée pour un temps des hommes qui la composaient.


POUR QUI ? Pour ceux qui ont envie de découvrir cette période du point de vue sobre et sincère d'une personne qui l'a vécue.


Berdjouhi (1889-1940) est l'une des rares écrivains arméniens à avoir pu transmettre un témoignage vécu des événements de 1915 à Istanbul, qu'elle a publié dans les années trente. Après son exil en Bulgarie et à Tiflis, elle regagne un temps l'éphémère République d'Arménie où elle devient membre du Parlement. En 1924, elle s'installe définitivement à Paris où elle occupe des fonctions au sein du Comité de protection des enfants immigrés, sous l'autorité de la Société des Nations. Son fils, Armen Barseghian (1914-2003), personnage central du récit, deviendra avocat et c'est lui qui assurera la traduction de l'ouvrage.

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