Mémoires d'une catin, Francesca Petrizzo

Publié le par L'Emile

Titre original : Memorie di una cagna     [2010]                          

Genre : fiction sous forme d'autobiographie

D'où sort-il ? Partenariat proposé par les éditions Michel Lafon

 

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RESUME [4è de couverture] :

"La catin. C'est ainsi qu'ils m'appellent. La catin. Ils murmurent ce mot derrière mon dos, mais je les entends. Ils disent aussi que j'étais la plus belle femme du monde, inventent des légendes et composent des poèmes sur ma vie. Ce ne sont que des légendes. Car ils n'y étaient pas. Moi, j'y étais."

Et si la belle Hélène racontait elle-même son histoire...

Hélène de Troie, ou l'archétype de toutes les femmes, qui, depuis des millénaires, ont choisi de suivre les élans de leur coeur plutôt que les exigences de la raison d'Etat. Prisonnière de sa propre beauté - et des ambitions politiques de son père - Hélène tente néanmoins d'assouvir sa soif d'amour. Mais le Destin en décide autrement, et décrète qu'on la considérera à jamais comme une femme infidèle et traîtresse. Une catin...

 

 

 

MON AVIS SUR CE LIVRE : "Femme née pour être vendue et achetée" (p. 85), voici qui résume bien la vie d'Hélène durant toute la première partie du livre. Vendue par son père à Ménélas alors qu'elle était déjà promise à Diomède, dont elle était amoureuse, elle va petit à petit se fâner et se détacher de la vie. Même la naissance de sa fille, Hermione, ne la sort pas de la léthargie dans laquelle elle s'est enfermée :"Moi j'avais eu la possibilité de désirer une autre existence, et on me l'avait arrachée des mains. " (p. 88). Son mari ne voit rien, ni de l'abysse dans lequel elle plonge, ni de la haîne qu'elle lui voue. Jusqu'au jour où arrive Pâris, pour fêter les 10 ans de règne de Ménélas sur Sparte. C'est le coup de foudre : "Une voix d'argent, des cheveux couleur de sable humide, une peau de bronze. Des yeux clairs, brillants. Le nez droit, la bouche sensuelle. Des bras puissants, magnifiques, jaillissaient d'une tunique brodée de pourpre. Des bras de statue ou de dieu. Mais c'est bien un homme qui mit pied à terre devant le trône et tendit les rênes à Ménélas." (p.97). Hélène renaît grâce à cet amour. Achille, qu'elle apréciait plus jeune, lui avait déjà proposé de s'enfuir avec elle. Mais elle n'en était qu'au début de son mariage, avait peur de quitter sa cité natale et n'imaginait pas l'ennui qu'elle allait connaître. Elle ne commet pas cette erreur deux fois et s'envole vers l'amour, vers Troie.

 

Mais Hélène est vouée à ne jamais trouver un bonheur durable il me semble. Est-ce sa beauté qui intimide ? Fait-elle carrément peur ? En tout cas, ses amants se lassent et elle se retrouve seule, à chaque fois. "Callira, sans me regarder en face, m'avait informée d'une voix cassante que Pâris ne faisait pas mystère de me préférer les courtisanes. J'avais courbé les épaules. Il avait été mon amant enfant ; j'avais eu l'illusion qu'il serait mon grand amour. Il m'arrivait à présent de le regarder passer dehors, son grand corps scintillant dans une armure inutile, et mon coeur alors n'était plus que cendre." (p. 161)

 

Finalement, elle trouvera quand même l'amour, en la personne d'Hector, frère aîné de Pâris, héritier du roi de Troie. Leur amour est différent, plus lent, plus pur. Le dernier. Parce qu' évidemment, il sera de nouveau contrarié par le mariage aux vues politiques d'Hector : son père, afin de s'attacher la fidélité des Hitties pour la guerre contre les Grecs, marie son fils à Andromaque, princesse hittie. Et surtout, par la mort d'Hector.

 

J'ai adoré ! Tant l'histoire que l'écriture. C'est fluide, limpide, beau, poétique. Et j'ai toujours été très attirée par la mytholgie, les histoires antiques, aussi bien greques que romaines. L'idée est super : raconter l'histoire de la guerre de Troie à travers la bouche d'Hélène elle-même. La première personne rend l'intrigue encore plus prenante, on a l'impression de revivre cette aventure de l'intérieur. Cela me donne furieusement envie de relire L'Iliade et L'Odyssée, d'Homère.

 

Un grand bravo aussi au traducteur, Joseph Antoine qui a su retranscrire toute la poésie et la musicalité du texte d'origine.

 

 

 

POUR QUI ? Pour ceux qui sont fans de mythologie, d'histoires anciennes, antiques, de la Grèce, du soleil, de l'amour, des beaux mots.

 

 

Un énorme merci aux éditions Michel Lafon qui m'ont proposé ce partenariat. Une formidable lecture !

Publié dans Littérature italienne

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