Murena T4 - Ceux qui vont mourir..., Dufaux et Delaby

Publié le par L'Emile

Genre : bande dessinée historique     [2002]               
D'où sort-il ? Cadeau que j'ai offert à ma mère pour Noël

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RESUME :
Quatre ans ont passé depuis la mort de l'empereur Claude et l'avènement de Néron. Entre le jeune César et sa mère se joue le dernier acte pour s'emparer du pouvoir. L'un et l'autre sont prêts à tout pour arriver à leurs fin,  même à la pire des ignominies. Et tandis qu'Agrippine s'apprête à ouvrir sa couche à son propre fils, l'ombre des crucifiés plane comme une menace sur l'Empire... Pendant ce temps, Néron cherche de nouveaux alliés. Poussé par Acté sa concubine, il se décide à ramener Murena auprès de lui. Son ancien ami accepte à la condition que l'empereur lui livre le meurtrier de Lollia Paulina, sa mère. Un marché qui convient parfaitement à Néron vu que le criminel n'est autre que Draxius, l'esclave attaché à la sécurité d'Agrippine. L'heure de la vengeance a enfin sonné !



MON AVIS SUR CE LIVRE : Si vous avez lu mes avis sur les tomes précédents, vous supposerez donc que celui-ci m'a tout autant emballée. Et bien oui... Et pour ne pas me répéter une fois encore, je retranscris les paroles de Michael Green, chercheur au King's College et consultant pour le film "Gladiator" :
" Gloire à ceux qui inventèrent Murena !
Par opposition aux études historiques, les oeuvres de fiction présentent l'avantage de cerner les faits et les personnes en quelques traits saisissants. Le roman permet d'approfondir la personnalité des protagonistes et de s'attarder sur le pourquoi des événements ; cinéma et télévision se doivent d'aller à l'essentiel, d'opérer des raccourcis (parfois discutables) et, à des fins de dramatisation, de mettre en avant des faits qui n'ont d'historique que le nom et d'ancrer des légendes tenaces mais parfaitement fausses.
La bande dessinée me semble se trouver à mi-chemin de ces deux traitements, et la série Murena en constitue la parfaite illustration. Au fil d'un suspense bien dosé et de passionnantes tribulations, on voit évoluer la personnalité des principaux individus en présence. Voici Néron, jeune homme intelligent, trop tôt lancé dans les intrigues du pouvoir, mais qui présente une carrure d'homme d'Etat. Cela vous paraît une contre-vérité ? Détrompez-vous : MM. Dufaux et Delaby respectent le vrai. Ils ont eu l'intelligence de s'abstraire des traditions erronnées qui le présentent tel un histrion débauché menant, une harpe à la main, l'Empire à sa perte. Il fut un des empereurs les plus aimés de l'Antiquité ; des doutes planent sur l'authenticité de la plupart des forfaits qu'il aurait perpétrés ; il n'exerça ses penchants cruels qu'au service exclusif de son domaine, qu'il confondait, comme ce sera le cas de tous les souverains de l'Antiquité jusqu'au siècle des Lumières, avec l'Etat.
Le pire de ses crimes, c'est l'assassinat d'Agrippine, sa propre mère. Les auteurs de Murena restituent la vérité d'une manière que je ne puis qu'admirer. Agrippine aurait sans doute rendu fou le docteur Freud si une faille temporelle avait permis à ces deux personnes de se retrouver face à face. Elle est tous les modèles psychanalitiques à la fois : Hécube, Jocaste, Hélène de Troie, Iphigénie, Aphrodite, la Vénus en vison ! Pour arriver au faîte de la gloire, elle complote, elle couche, elle tue. Elle ne voit pas le génie politique dans son propre fils, qu'elle traite et considère comme une pâle marionnette. Néron devient un homme d'Etat le jour où il la fait assassiner (pardon de dévoiler ce secret de Polichinelle !). C'est aussi le jour où il sombre dans la folie. Raison et raison d'Etat n'ont jamais fait bon ménage.
Oui, j'admire Murena, en tant qu'historien, car la série fera connaître l'Antiquité romaine, plus vite et sans doute mieux que tous les livres d'histoire - y compris ceux que j'ai commis. Murena va clore le bec à tous ces écrivains stipendiés de Rome, qui n'avaient pas leur pareil pour salir la mémoire de ceux dont ils traçaient la biographie... en oubliant de préciser que le commanditaire du texte était souvent l'assassin qui avait pris illégitimement la place de son prédécesseur.
Lisez donc Murena, plongez dans le magnifique bain de l'Histoire, côtoyez Néron, Pallas, Pétrone, Poppée, Vespasien et toute cette humanité affolée si semblable à la nôtre. Merci à MM. Dufaux et Delaby de nous le rappeler".
Voici exactement ce que je voulais dire !



POUR QUI ? Pour ceux qui ont lu les tomes précédents.



"La vie n'est qu'une pièce de théâtre : ce qui compte ce n'est pas qu'elle dure longtemps mais qu'elle soit bien jouée. L'endroit où tu t'arrêtes, peu importe. Arrête-toi où tu voudras pourvu que tu te ménages une bonne sortie."
[Sénèque, Lettre à Lucilius, LXXVII]

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