Olimpia, Céline Minard

Publié le par L'Emile

Genre : roman historique           [2010]

D'où sort-il ? Vu ici.

 

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RESUME : [4è de couverture de l'édition Denoël]

Le peuple m'a suffisamment comblée en m'appelant Pimpaccia et impia et putain de pape et suceuse d'Innocent et vamp, vampiria et femme à sceptre et Didi un chasse-mouches, il m'a assez conchiée pour que je puisse lever une armée de Pasquins tout en merde et remplir d'un bout à l'autre le pont Saint-Ange et couper ainsi cette ville de hâbleurs de la bulle vide du Saint-Siège désormais vide d'où l'on veut me chasser.

 

Olimpia Maidalchini (1592-1657) fut l'égérie du pape Innocent X, son beau-frère, à tel point qu'on disait au milieu du XVIIème siècle, que l'Eglise catholique était gouvernée par une papesse. Ce livre, portrait en diptyque de la "grande prostituée" qui lança, dit-on, une terrible malédiction sur Rome, nous donne à entendre sa voix avant de retracer son histoire.

 

 

 

MON AVIS SUR CE LIVRE : Certes, ce livre est original pour un roman historique. Le fait de donner la parole à Olimpia en première partie lui insuffle une certaine force et le rend très crédible. Les mots de Céline Minard sont bien choisis : ils collent avec l'époque et sont compréhensibles de nos jours. Sylvie a trouvé cette première partie sublime : "Olimpia parle, vocifère, fumine... Dans un flux verbal majestueux, précieux et baroque, d'une crudité absolue, telle une erynie antique [...]". Pour ma part, cette première partie m'a complètement lassée et j'attendais la page 64 (sur 90) qui me permettrait de découvrir la biographie de cette grande dame. Trop de mots, trop de longues phrases alambiquées. Les deux premières pages (bien que courtes, je le reconnais) sont uniquement composées d'une seule phrase ! C'est assez étourdissant à la longue.

 

Par contre, le style épique est bien là, qui sert la montée en furie d'Olimpia. Les phrases sont de plus en plus courtes, cadencées, elles montent en puissance. On dénote aussi une multiplication des points d'exclamation et des constructions de phrases répétitives qui reflètent également cette colère sourde qui gronde : "Je t'arrache l'Italie devant le palais Borghese, la Rome triomphante, ses missiles et pyroboles flamboyants. Je t'y arrache le monde, les quatre continents, Europe, Afrique, Asie, Amérique, avec leurs attributs dans les naseaux, leurs attributs de vassaux. Je t'arrache l'Histoire dans le teatro di Marcello, la louve de bronze et les deux moignons d'homme qui la tètent, la machine à feu qu'elle recèle, montée su roulettes, et sous la houle je fais devant les tyrans morts immémoriaux qui lèvent le pouce sur les gradins trois tours d'arène. Je t'arrache l'avenir en tout lieu. Et place Navone, je m'arrache avec l'arche plantée crevée sur le mont Ararat, et je plonge le vieil ivrogne dans son vin de messe, qu'il s'y confise, ce n'est pas la vie, c'est Rome que je compisse ! Ca va cracher place Madame, huit jours de long, ça va cracher des flammes ! Les faîtes des palais, les hautes fenêtres verront le feu de l'air monter aux étoiles, illuminer jours et nuits la bulle creuse des coupoles, illuminer jours et nuits les nuages poussiéreux débarrassés des putti, et leurs yeux vitreux verront monter sur leur gorge le flot d'or pur sorti de mes flancs." (pp. 41-42)

 

Cependant, ce que j'ai apprécié dans cette lecture, outre la deuxième partie sur la biographie d'Olimpia que j'ai trouvée malheureusement trop courte par rapport à la première partie, qui elle, aurait gagné à être réduite, sont les magnifiques descriptions de Rome, de la Rome antique, cette ville qui m'a toujours subjuguée.

 

 

 

POUR QUI ? Plus pour ceux qui veulent découvrir de belles images de Rome que pour ceux qui ont envie d'en savoir plus sur Olimpia Maidalchini.

 

 

 

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